| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 24 Mai 2008 15:19 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Paul,
Vous me dites:
"Si vous estimez que cette remise en cause est injustifiée, il vous serait sans doute utile de recadrer celui ou celle qui l'a émise.."
Bien sûr Paul qu'il faudrait être capable de le faire. Je vous dis que je ne sais pas le faire. Vous voyez bien que j'ai conscience de mon fonctionnement et parfois de celui des autres.
Parfois, je n'ai pas tort dans ce que je ressens de ce que les autres émettent.
Mais j'ai "paraît-il" une personnalité évitante. J'entends, j'encaisse, une fois seule, je tourne et je retourne et si j'en ai l'occasion, je réponds, parfois très longtemps après.
Je me rends de plus en plus compte qu'avoir conscience des choses n'est pas suffisant pour les résoudre. Pire ! Cela augmente parfois la souffrance. Je souffre de ce que l'on me dit et je re-souffre de mon incapacité à le gérer. Double peine !
De toute façon, je ne vais pas bien aujourd'hui et dans ces cas-là, je ferais mieux de m'abstenir d'écrire ici.
Ps: j'écris pour moi plusieurs fois par jour et chaque jour. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Paul CONFERENCIER
Inscrit le: 11 Jan 2005 Messages: 6432 Localisation: Haute Corse
|
Posté le: 25 Mai 2008 8:01 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Florence,
Vous écrivez : "Bien sûr Paul qu'il faudrait être capable de le faire. Je vous dis que je ne sais pas le faire."
Ne pensez-vous pas pouvoir apprendre à recadrer les autres lorsque cela leur est - et surtout vous est - manifestement nécessaire, notamment grâce à vos thérapies ?
"Vous voyez bien que j'ai conscience de mon fonctionnement et parfois de celui des autres."
Oui.
"Parfois, je n'ai pas tort dans ce que je ressens de ce que les autres émettent."
Absolument.
"Mais j'ai "paraît-il" une personnalité évitante. J'entends, j'encaisse, une fois seule, je tourne et je retourne et si j'en ai l'occasion, je réponds, parfois très longtemps après."
Mais aucune personnalité n'est figée dans le marbre !
En réalité, on n'a pas d'autre choix que de changer et de s'adapter sans cesse - a fortiori lorsqu'un mode de fonctionnement pose problème...
"Je me rends de plus en plus compte qu'avoir conscience des choses n'est pas suffisant pour les résoudre."
C'est juste.
"Pire ! Cela augmente parfois la souffrance. Je souffre de ce que l'on me dit et je re-souffre de mon incapacité à le gérer. Double peine !"
Des plans d'actions sont donc à mettre en place à ce niveau...
"De toute façon, je ne vais pas bien aujourd'hui et dans ces cas-là, je ferais mieux de m'abstenir d'écrire ici."
Pas nécessairement. Si vous estimez que cela peut vous être utile, vous pouvez poursuivre vos échanges avec nous, de préférence dans votre sujet personnel...
"Ps: j'écris pour moi plusieurs fois par jour et chaque jour."
Voila une excellente chose.
Ne pensez-vous pas qu'il vous serait également utile de mettre en pratique les techniques que nous avons passées en revue ?
Courage et à bientôt.
Cordialement,
Paul
http://agirpoursasante.free.fr |
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 25 Mai 2008 9:36 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Paul,
Je vous répondrai donc sur mon post.
à bientôt. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Paul CONFERENCIER
Inscrit le: 11 Jan 2005 Messages: 6432 Localisation: Haute Corse
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 31 Mai 2008 18:47 Sujet du message: |
|
|
Bonjour !
Une courte histoire qui répond à l'allégorie de la grenouille.
Le père, l'enfant et l'âne
Un enfant demande à son père :
- Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?
Alors le père demande à son fils de le suivre ; ils sortent de la maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied.
Et les gens du village de dire :
- Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d'aller à pied !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison, dit le père.
Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur âne et lui marchant à côté. Les gens du village dirent alors :
- Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Le jour suivant ils s'installent tous les deux sur l'âne avant de quitter la maison. Les villageois commentèrent en disant :
- Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l'âne trottinant derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :
- Voilà qu'ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C'est le monde à l'envers !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Arrivés à la maison, le père dit à son fils :
- Tu me demandais l'autre jour le secret du bonheur. Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu'un pour y trouver à redire.
Fais ce qui tu aimes et tu seras heureux ! |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Malayk CONFERENCIER
Inscrit le: 19 Nov 2007 Messages: 558
|
Posté le: 01 Juin 2008 20:59 Sujet du message: |
|
|
Bonsoir paper,
merci pour ce conte ! Je viens de le lire...jolie façon d'illustrer une si véridique conclusion
Bien à vous, |
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 02 Juin 2008 20:01 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Malayk,
heureuse de vous lire.
J'espère que vous allez bien.
De mon coté, les vagues sont hautes et le temps mauvais...
à bientôt j'espère.... |
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 03 Juin 2008 8:39 Sujet du message: |
|
|
Un conte qui ressemble à mon histoire............
Henri Gougaud
Le pain et le voleur
Il était un jour un voleur qui souffrait d’un grave défaut, du moins pour les gens de sa sorte. Il était sans cesse attiré plus loin que le prochain magot. Il cherchait autre chose. Quoi ? Il ne savait dire. Un miracle, un pur trésor, une vraie lumière apaisante. Il en souffrait. Il ignorait d’où venait sa mélancolie, et donc il vivait avec elle comme avec ces amours pesantes qui parfois embarrassent l’âme.
Un soir, en quête d’une proie, il pénétra dans une maison sans défense. Au milieu de la table, rien, sauf un pain à la croûte ronde. Et comme il lui venait devant, ce pain soudain lui dit :
- Mon frère, que cherches-tu exactement ?
- Qui a parlé ? dit le voleur.
- C’est moi, lui répondit le pain. Ne voulais-tu pas un miracle ?
- J’espérais, mais tu me surprends.
- Je vois clair dans ton âme triste. Tu voudrais découvrir enfin quelque chose que rien n’abîme, savoir ce que c’est la musique, aimer comme je sais aimer.
- Aimes-tu ceux qui te dévorent ? lui dit l’autre, moqueur, amer.
- Qui n’aime pas ne peut nourrir. Veux-tu mon pouvoir ?
- Certes oui, ce qui m’enrichit m’intéresse.
- Sache que tu devras passer par le chemin qui fut le mien.
- Raconte-moi dit le voleur.
- Que l’oreille du cœur écoute. Je fus d’abord, un jour d’automne, enfoui dans la terre des morts. J’ai pourri. J’ai dormi longtemps. Quelque chose en moi a germé. Je me suis senti renaissant. Alors m’est venu un désir, un élan, un rêve de ciel. Mais la nuit où je m’efforçais était si lourde, si glacée ! Tout me disait : « Quelle folie ! Comment un être aussi chétif pourrait-il trouer ces ténèbres ? A-t-on la preuve qu’il fait jour, quelque part, dans cet univers ? »
Cent fois j’ai voulu renoncer. Cent fois la rage m’a repris. Comment ai-je fait ?
Je l’ignore. Un matin un brin d’herbe est né. C’était moi, vivant, ébloui. L’air bleu, le soleil, les oiseaux, la liberté, quelle merveille ! Je me suis encore élevé, je me suis offert aux averses. J’ai connu cette fierté d’être qui fait croire à l’éternité. Vinrent les premiers jours d’été, l’armée ferrée des moissonneurs, l’inutilité des prières. Je fus lié, battu, broyé, réduit en poudre sous la meule, noyé, pétri, jeté au four, enfin tiré par mon bourreau hors des braises de cet enfer. C’est ainsi et pas autrement que je me suis fait nourrissant. J’ai ce pouvoir incomparable de donner ma force aux vivants. Le veux-tu, dis, voleur de riens ?
- Non, garde-le, répondit l’homme. Je préfère cent fois rester avec mes questions sans réponses. Aimer est trop dur. Salut. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Malayk CONFERENCIER
Inscrit le: 19 Nov 2007 Messages: 558
|
Posté le: 03 Juin 2008 21:50 Sujet du message: |
|
|
Bonsoir Florence,
un conte profond...j'aime bien.
La renaissance du petit pain après ses épreuves lui a permis d'accepter d'aimer ceux qui le dévorent, justement parce qu'il se sait utile à eux en les nourissant...malheureusement, notre pain ne verra jamais (de ses propres yeux ) la joie et le contentement plus que probable qu'auront les convives en le dégustant, puisqu'il n'existera plus.
Cette notion d'"amour à crédit" semble complexe à gérer et c'est peut-être cela qui décourage notre voleur. En effet, rien ne garantit que les "mangeurs" aimeront le goût de ce pain et accepteront de s'en nourrir. De plus, comme le précise notre cher petit pain, la renaissance après des épreuves difficiles a été nécessaire et indispensable : "C’est ainsi et pas autrement que je me suis fait nourrissant."
Notre voleur vit probablement tellement longtemps dans cette mélancolie qu'elle fait partie de lui ("Il ignorait d’où venait sa mélancolie, et donc il vivait avec elle"), et la résoudre serait, d'après son jugement, trop difficile.
Paradoxalement, l'homme semble s'habituer à sa peine et même apprécier de subir sa propre mélancolie, justement parce qu'il s'y reconnait pleinement, à l'inverse du monde qui l'entoure qui lui, prend des formes variées où il se sent parfois désorienté.
Si la mélancolie est un refuge approprié après une douleur, il ne fait pas bon y vivre le reste du temps. Réouvrir la porte de la cellule sur un nouveau monde différent nécessite du courage, mais cela permet d'apprécier le véritable goût...de la liberté, que l'on ne peut aimer qu'après avoir quitté la mélancolie : savoir renoncer à la douleur, notre douleur que l'on aime, qui nous rassure et avec qui l'on se sent "protégé", est pourtant le geste si risqué mais nécessaire pour pouvoir accepter de se réouvrir au monde, monde parfois cruel, mais également parfois accueillant. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
l.odie ELOQUENT
Inscrit le: 01 Avr 2006 Messages: 140 Localisation: région lyonnaise
|
Posté le: 07 Juin 2008 5:24 Sujet du message: |
|
|
Pendant longtemps j’ai cru qu’il suffisait d’y "voir clair dans une âme triste" pour l’amener à aimer ce qui nourrit et se donne sans merci !
J’étais convaincue que ma Foi en l’homme, transcendée par celle en Dieu, me permettait de calquer ma conception de la vie et de l’amour sur celui réduit à voler, même s’il désirait découvrir cet essentiel que "rien n’abîme" !
DOUBLE ERREUR de ma part ! Comment croire qu’une âme pétrie de souffrance, de non-amour ou de ressentiments, puisse se vider de ce qui l’a façonné depuis tant d’années, au profit d’un don de soi nourrissant et épanouissant ! Par ailleurs, n’est-ce pas du fumier que sort le meilleurs des engrais ?
Au contact de ces ‘voleurs de riens’, j’ai appris l’importance de préparer le terrain, plutôt que de vouloir tout chambouler dans leur âme déjà bien malmenée. Leur donner le goût d’aimer, en sachant qu’à tout moment, au nom de leur liberté, ils peuvent me rejeter et refuser d’être aimé !
J’ai surtout découvert qu’au-delà de la façade offerte par ces "moins que rien" se cachait une âme d’enfant, trop souvent trahie, violée, jamais écoutée. Là se trouve leur raison d’exister ! A eux de retrouver le chemin de l’enfant cassé qui ne cesse de pleurer ! A eux de réapprendre la confiance leur permettant d’aller de l’avant.
Quoique tu écrives, quoique tu penses, Florence, surtout évite de t’identifier à ce conte. Même chez le pire des "voleurs de riens", l’ESPOIR, cette petite bête coriace et dure à éliminer, est là, leur permettant d’avancer malgré l’adversité. Et si par hasard, cet espoir venait à s’éteindre chez toi, permets-moi de croire qu’ il y aura encore quelqu’un pour croire en toi et ce, malgré toi ! Il est peut-être là, le miracle tant attendu !
A +++ Odile - l.odie@caramail.com
Dernière édition par l.odie le 30 Juin 2008 13:34; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Paul CONFERENCIER
Inscrit le: 11 Jan 2005 Messages: 6432 Localisation: Haute Corse
|
Posté le: 07 Juin 2008 16:09 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Florence,
Félicitations pour ces nouveaux contes et merci de nous en faire profiter !!!
La morale du conte "Le père, l'enfant et l'âne" me semble très juste.
Et celui d'Henri Gougaud très bien rédigé et plein de philosophie !
Je rejoins Malayk et Odile dans ce qu'il vous ont communiqué.
Il me semble aussi que l'amour - ou son équivalent végétal : la pulsion de vie - est essentiel pour parvenir à la réalisation de soi. D'où l'importance de l'investir pleinement...
Bonne continuation et à bientôt.
Cordialement,
Paul
http://agirpoursasante.free.fr |
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 08 Juin 2008 9:48 Sujet du message: |
|
|
| Malayk a écrit: |
Bonsoir Florence,
un conte profond...j'aime bien.
La renaissance du petit pain après ses épreuves lui a permis d'accepter d'aimer ceux qui le dévorent, justement parce qu'il se sait utile à eux en les nourissant...malheureusement, notre pain ne verra jamais (de ses propres yeux ) la joie et le contentement plus que probable qu'auront les convives en le dégustant, puisqu'il n'existera plus.
Cette notion d'"amour à crédit" semble complexe à gérer et c'est peut-être cela qui décourage notre voleur. En effet, rien ne garantit que les "mangeurs" aimeront le goût de ce pain et accepteront de s'en nourrir. De plus, comme le précise notre cher petit pain, la renaissance après des épreuves difficiles a été nécessaire et indispensable : "C’est ainsi et pas autrement que je me suis fait nourrissant."
Notre voleur vit probablement tellement longtemps dans cette mélancolie qu'elle fait partie de lui ("Il ignorait d’où venait sa mélancolie, et donc il vivait avec elle"), et la résoudre serait, d'après son jugement, trop difficile.
Paradoxalement, l'homme semble s'habituer à sa peine et même apprécier de subir sa propre mélancolie, justement parce qu'il s'y reconnait pleinement, à l'inverse du monde qui l'entoure qui lui, prend des formes variées où il se sent parfois désorienté.
Si la mélancolie est un refuge approprié après une douleur, il ne fait pas bon y vivre le reste du temps. Réouvrir la porte de la cellule sur un nouveau monde différent nécessite du courage, mais cela permet d'apprécier le véritable goût...de la liberté, que l'on ne peut aimer qu'après avoir quitté la mélancolie : savoir renoncer à la douleur, notre douleur que l'on aime, qui nous rassure et avec qui l'on se sent "protégé", est pourtant le geste si risqué mais nécessaire pour pouvoir accepter de se réouvrir au monde, monde parfois cruel, mais également parfois accueillant. |
Bonjour Malayk,
Décidément, vos analyses des contes m'apprend toujours quelque chose alors que je croyais y avoir déjà beaucoup réfléchi.
Cela me fait penser à un petit adage:
Tu as un œuf, j'ai un œuf. Si nous échangeons nos œufs, à l'arrivée, tu as un œuf et j'ai un œuf.
U as une idée, j'ai une idée. Si nous échangeons nos idées, à l'arrivée, nous avons chacun non pas une mais deux idées.
L'échange des idées nous rend plus riches.
C'est étonnant comme dans ce conte, je peux m'identifier à la fois à ce pain qui passe par des erreurs terribles avant de se "réaliser", et aussi à ce voleur pour qui la peur de la peur lui fait fuir le changement.
Je me sens multiple. A la fois habitée par un fabuleux désir de vivre, de communiquer, de partager et d'avancer, et à la fois, une peur paralysante de tenter à nouveau l'aventure de la vie, peur de ne plus savoir, peur de ne plus pouvoir, peur d'avoir à rattraper le temps perdu, peur de me trouver devant une obligation de moyen et de résultat.
Vos éclairages m'aident à avancer.
Merci. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 08 Juin 2008 11:05 Sujet du message: |
|
|
Cher Paul,
Y aurait-il une solution technique permettant de mettre ici, en fichier audio un conte que j'aurais enregistré ? |
|
| Revenir en haut |
|
 |
paper1 ELOQUENT
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 124 Localisation: bord de mer
|
Posté le: 08 Juin 2008 20:53 Sujet du message: |
|
|
Les deux qui ne s’aimaient pas
Un prince, un beau matin, s’en fut baguenauder au marché de la ville avec, pour tout bagage, un sac à provisions. Il aimait se frotter aux gens de son royaume, écouter leurs propos, soupeser les pastèques et flairer les salades. Il avait donc laissé son escorte chez lui et, l’oreille aux aguets, il allait çà et là parmi les étalages quand un bruit de dispute attira son regard.
- C’est à moi ! disait l’un.
- Non, à moi ! disait l’autre.
- J’ai le droit !
- Moi aussi !
- Mauvais bougre !
- Bandit ! Bref, deux marchands de fruits s’insultaient hardiment en brandissant leurs poings à l’ombre d’un platane. Le prince vint à eux, en arbitre apaisant. L’un lui rugit au nez :
- Il veut plus que sa part !
- C’est la mienne qu’il veut ! lui brailla son compère. Le peuple s’attroupa, les gendarmes survinrent et le prince, pensif, s’en revint au palais.
Il était fin joueur autant que pédagogue. Le lendemain matin il se fit amener les deux disputailleurs et leur tint ce discours :
- Il me plaît de vous faire une grande faveur. Que voulez-vous, messieurs ?
J’ai tout. Demandez donc, et vous serez comblés. J’aimerais cependant préciser ce qui suit : pour formuler un voeu, vous avez vingt secondes. Au-delà de ce temps, si vous restez muets, je vous ferai jeter tous les deux en prison.
Enfin notez ceci : le premier choisira, trésors, terres, châteaux, bref tout ce qu’il voudra, et le deuxième aura la même chose en double. Avez-vous bien compris ? Parlez, je vous écoute.
« Je me tais, se dit l’un. Deux fois plus qu’il n’aura, voilà qui me plairait ! » « Qu’il fasse sa demande, pensa l’autre. Que ce prétentieux-là soit plus riche que moi m’insupporterait trop. » « Mon Dieu, supplia l’un, que le bonheur le tue si je parle d’abord. » Passèrent dix secondes, et douze, et quinze et seize.
Le regard du second enfin s’illumina. Il ricana :
- Seigneur, qu’on m’arrache l’oeil droit.
On le fit à l’instant. Un borgne et un aveugle, au soleil de midi, sortirent du palais. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Paul CONFERENCIER
Inscrit le: 11 Jan 2005 Messages: 6432 Localisation: Haute Corse
|
Posté le: 09 Juin 2008 10:41 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Florence,
Votre conte plein de malice m'évoque un proverbe :
"L'homme est dans le bien cherche le mieux, trouve le mal et s'y complait faute de pire."
Bonne continuation et à bientôt.
Cordialement,
Paul
http://agirpoursasante.free.fr
P.S. N'ayant pas la réponse à votre question précédente, je vous suggère de poser la question par message privé à Philippe (alias root), administrateur du forum. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|