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Paul
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 8:59    Sujet du message: Répondre en citant

3.1 Anonymat dissociatif (dissociative anonymity).

Sur Internet, l’autre sait uniquement ce que nous voulons bien qu’il sache. Selon Suler, il est plus facile pour les gens de s’ouvrir aux autres utilisateurs en ligne car ils savent qu’ils peuvent séparer leurs actions sur Internet de celles de la vie de tous les jours et de leur identité. Dans la vie courante, la majorité des gens rencontrés font partie de la famille, du club de sport, du groupe d’amis, ou encore de la population habituée d’un bar. Quelqu’un rencontré sur Internet n’a aucun lien avec l’environnement social habituel, il ne pourra pas communiquer de quelque manière que ce soit avec celui-ci, la relation avec lui n’aura donc aucun impact sur les autres relations sociales. Il note également que le fait de ne pas avoir à assumer ses actes peut amener une forme de dissociation : « je n’assume pas ce que je fais en ligne, ce n’est pas moi ».
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Paul
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:00    Sujet du message: Répondre en citant

3.2 Invisibilité (invisibility).

Suler pense que le fait que l’utilisateur ne peut pas être vu (sauf de son plein gré, par webcam) contribue à l’effet de désinhibition. Ils n’ont pas à s’inquiéter de l’effet qu’auront sur les autres leur apparence physique, leur voix ou leur langage corporel. Cet effet est fortement lié à l’anonymat.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:00    Sujet du message: Répondre en citant

3.3 Durée entre l'envoi du message et la réception de la réponse (asynchronicity).

Le laps de temps entre l'envoi du message et la réception de la réponse peut être désinhibant. Si la personne est en face de nous, le temps entre une question et une réponse est très court. Ce n’est pas le cas sur Internet, où l’utilisateur peut prendre le temps de réfléchir pour répondre.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:01    Sujet du message: Répondre en citant

3.4 Introjection (solipsistic introjection).

Selon Suler, l’absence des informations sensorielles normalement disponibles lors d’une discussion en face à face combinée au mode de communication textuel produit un effet particulier. Il pense que certaines personnes ont la sensation que leur esprit et celui de leur interlocuteur se sont mélangés. En l’absence d’informations sensorielles, Suler pense que l’inconscient fournit les informations manquantes pour créer dans notre esprit une représentation mentale de l’autre personne. Il est possible d’entendre ou de voir l’attitude de l’autre personne sans avoir eu accès à ces informations, comme si la personne avait été magiquement « introjectée » dans le psychisme de l’utilisateur. Suler explique que nous utilisons tous notre imagination pour créer des scènes qui représentent des peurs, des souhaits ou encore des attentes inconscientes. A l’intérieur de l’imagination, nous sommes en sécurité. Lors du contact par Internet, comme l’image de l’autre est dans le psychisme de l’utilisateur, cela peut amener une certaine confusion entre réalité et imagination.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:01    Sujet du message: Répondre en citant

3.5 Imagination dissociative (dissociative imagination).

Selon Suler, ce phénomène d’introjection combiné à l’anonymat a une autre conséquence. Certains utilisateurs dissocient leur vie en ligne (qu’ils perçoivent comme une fiction) de leur vie hors ligne. Ils ont alors l’impression que ce qu’ils font en ligne n’est qu’un jeu imaginaire. Ils ne se sentiront pas du tout responsables de ce qui s’est passé en ligne.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:02    Sujet du message: Répondre en citant

3.6 Egalité hiérarchique (minimizing authority).

Les différents statuts (sociaux, économiques, religieux,…) qui créent une hiérarchie formelle ou informelle dans notre vie de tous les jours ont peu d’influence sur Internet. Chacun a la même opportunité de s’exprimer. Ce qui va, éventuellement, créer une forme de hiérarchie, ce sont les compétences techniques, la rapidité de frappe et la capacité à communiquer. Dans la vie courante, nous sommes souvent entourés de figures d’autorité et encourir leur jugement est un risque possible de toutes nos actions. Sur Internet, ces figures ne sont plus présentes.
Bien sûr, comme le dit Suler, la personnalité est également importante. Nos attentes, nos émotions ou encore notre éducation joueront un rôle important en combinaison avec les facteurs cités plus haut. Suler cite comme exemple les personnalités histrioniques qui seraient, selon lui, plus ouvertes et émotionnelles, ainsi que les personnalités compulsives qui auraient plus de retenues. Il pense que dans certains cas, le phénomène de désinhibition peut prendre des proportions relativement minimes alors que dans d’autres elles peuvent être très importantes. Suler (1998) met également en garde contre le fait de penser que si le sujet est désinhibé il pourra plus facilement exprimer ce qu’il est vraiment (le « true self »). Il réalise une analyse complexe de ce concept dont nous ne retiendrons que la conclusion qui est la suivante : si la personnalité est construite sous forme de couches et que les défenses sont une couche superficielle qui cacherait quelque chose de plus intime, alors le sujet désinhibé serait plus « vrai ». Hors, selon Suler, il semble plus cohérent de voir la personnalité comme une sorte de toile contenant une infinité d’éléments liés les uns aux autres. Certains contextes activeraient certains groupes, sans qu’il y ait pour autant différentes couches. Cette vision des choses rejoint la psychologie sociale qui nous dira que chaque personne a différentes « casquettes » et que l’une n’est pas plus vraie que l’autre. Dans cette vision des choses, les défenses, et donc l’inhibition ainsi que la régression, sont des parties de la personnalité tout aussi « vraies » que les autres et elles révèlent d’ailleurs des informations sur les besoins, les peurs, le vécu,…
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:03    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 4 : Internet et régression.

Dans son article «The Internet Regression », Norman N. Holland (1995) explique que nous avons tendance à régresser sur Internet, ce qui nous intéresse fortement vu le sujet de ce mémoire. Nous allons reprendre certaines informations de son article qui nous paraissent intéressantes et laisser de côté de nombreuses autres qui traitent de points déjà abordés par Suler. Il justifie cette affirmation en se basant sur 3 conséquences de cette régression qui sont facilement observables : Les « flame wars » (guerres d’insultes et de propos négatifs qu’on retrouve un peu partout sur Internet, les comportements sexuels à la limite du harcèlement (présents dans les jeux, les sites de rencontres ou encore les forums de discussions où se trouvent côte à côte hommes et femmes) et la générosité hors du commun qu’on peut parfois observer sur Internet. Pour Holland, ces conséquences représentent les côtés positifs et négatifs d’Internet. On trouvera plus de générosité et d’ouverture, mais également plus d’agressivité et de demandes sexuelles. Le manque d’inhibition que nous avons étudié en détail précédemment explique en grande partie ce phénomène. L’impulsivité semble être plus importante sur Internet, ce qui favorise, en combinaison avec le manque d’inhibition, les passages à l’acte. Holland nous dit aussi que l’homme a tendance à considérer l’ordinateur comme une extension de lui-même, au même titre que sa voiture. Selon lui, l’ordinateur est une sorte d’objet phallique pour les hommes. Ceux-ci s’identifieraient à leur machine, comme à leur voiture. Dans cette optique, les insultes gestuelles adressées aux autres conducteurs sur la route sont similaires au « flame wars » sur Internet. Pour les femmes par contre, Holland voit les choses différemment. Pour lui, les femmes utilisent l’ordinateur comme un outil et rien de plus. Elles auraient comme seule attente le bon fonctionnement de celui-ci vis-à-vis des tâches de bureau ou de divertissement. Il est possible qu’une tendance existe, mais ces affirmations nous ont paru réductrices et stéréotypées. Holland précise également qu’on peut observer des angoisses en lien avec cet « ordinateur phallique » : va-t-il exploser si j’appuie sur le mauvais bouton ? Va-t-il devenir incontrôlable ? Holland remarque que le potentiel d’addiction d’Internet est important. L’ordinateur est un partenaire idéal qui nous renvoie notre propre image. Les images qui le remplissent, les musiques qu’il joue et les programmes qu’il nous offre sont ceux que nous avons choisis en premier lieu. Holland nous explique que de nombreuses personnes donnent un surnom à leur voiture, leur bateau, leur moto, et aussi leur ordinateur. Selon Scheibe and Erwin (1980), les surnoms choisis par les hommes sont des noms féminins dans la majorité des cas. Pour les surnoms donnés aux ordinateurs par contre, le choix se porte en général sur un nom masculin. Si l’ordinateur est en général perçu comme masculin, on peut supposer que l’investissement envers celui-ci sera différent suivant le sexe. Certains utilisateurs, selon Holland, investiraient l’ordinateur d’un rôle parental. L’ordinateur ne juge pas, si l’utilisateur se trompe, il attend patiemment qu’il corrige son erreur avant de le récompenser. Il cite Weizenbaum (1976, 6-7, 188-191), qui dit, à propos de son programme ELIZA (le programme qui simule un thérapeute rogérien par sa manière de répondre en reformulant), que les utilisateurs avaient tendance à voir l’ordinateur et le programme d’une manière anthropomorphique et à s’investir fortement. Il nous dit également que, selon de nombreux chercheurs en psychologie, les utilisateurs perçoivent de manière intuitive l’ordinateur comme une autre personne, et cela dans de nombreux cas (Forman and Pufall 1988, 247; Frude 1983). En résumé, Holland nous explique que, lors des communications par Internet, l’humain devient moins humain et l’ordinateur devient plus humain. Les sentiments envers l’ordinateur se transmettent en partie vers les autres utilisateurs. Les insultes sont adressées aux autres comme si ils étaient des machines insensibles et les désirs sexuels sont exprimés sans peur du rejet. L’utilisateur se sent ouvert et généreux envers l’ordinateur et les autres utilisateurs qu’il contacte à travers la machine, car la machine est ouverte et généreuse envers lui. Il en résulte une confusion entre l’utilisateur et son ordinateur ainsi qu’un phénomène de régression. Ce que Holland appelle donc régression, c’est l’impression de pouvoir communiquer à la perfection avec l’ordinateur, d’être compris à 100%, le sentiment de fusion, d’absolu, qui vient avec cela ainsi que les émotions très manichéennes qui sont exprimées sans retenue. Il est à noter que l’article date de 1996 et qu’à la fin de celui-ci, Holland remarque à juste titre qu’Internet est en constante évolution et que ce qui s’appliquait à l’époque ne s’appliquera pas forcément à l’Internet de demain. Aujourd’hui, 12 ans plus tard, nous pouvons remarquer qu’il n’y a pas eu de changements fondamentaux, mais qu’ils arriveront dans un avenir très proche (lorsque le chat textuel disparaitra au profit des vidéoconférences de haute qualité comme celles que nous pouvons voir dans les films de science-fiction).
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:04    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 5 : Ethique et Déontologie des entretiens thérapeutiques par Internet

De nombreux problèmes et questions se posent concernant les nouvelles pratiques dont traite ce mémoire. Nous allons parcourir ceux qui touchent à l’éthique et à la déontologie. Un premier problème est d’ordre purement légal. Internet grandit encore actuellement dans un flou juridique qui varie d’un pays à l’autre. De nombreux projets de lois sont en cours, et de nombreux problèmes sont laissés de côté. D’après Grohol (1999), la législation américaine n’a pas encore pris en compte les services thérapeutiques par Internet et chaque état gère donc les choses à sa manière. A sa connaissance, aucune condamnation n’a encore eu lieu envers un praticien utilisant Internet. Il ajoute qu’il est actuellement difficile de déterminer où se situe légalement une thérapie entreprise par Internet si le client et le thérapeute se situent dans des états ou des pays différents. Chaque état américain a des règles différentes et tranchera différemment en cas de litige. Chaque état possède également sa législation en matière de droit à la pratique de la psychothérapie. Certains ont tenté de la définir avec précision, d’autres ne l’ont pas réglementé. En ce qui concerne le reste du monde, chaque pays aura une législation différente. Il conviendra donc de vérifier de manière locale ce qu’il en est. Il importe également de rappeler que, quel que soit le nom que le thérapeute donnera à son service (E-therapy, counceling, entretiens de soutien, ou autre…), il ferait bien de ne pas l’étiqueter « psychothérapie ». Certains états américains ont protégé ce titre, et la Belgique a pour projet de faire pareil. D’autre part, nous avons montré précédemment en quoi ce service est différent de la psychothérapie, essentiellement par le manque d’informations disponibles.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:04    Sujet du message: Répondre en citant

5.1 Le problème de la confidentialité

La confidentialité a été un des points centraux des débats autour d’Internet depuis sa création. Les services psychothérapeutiques par Internet n’y ont pas échappé. Différents points ont besoin d’être éclairés à ce propos. Nous commencerons par la confidentialité de l’ordinateur pour terminer par celle du transit des informations sur Internet.

5.1.1 L’ordinateur : un danger pour la confidentialité ?

Une des premières critiques adressée envers les entretiens psychothérapeutiques donnés par Internet est celle-ci : l’ordinateur peut être utilisé par différentes personnes. Il peut également se situer dans une pièce dans laquelle se trouvent plusieurs personnes. Actuellement, il y a une option dans MSN pour enregistrer automatiquement les conversations sous forme d’archive. Si un autre programme de discussion est utilisé, il est toujours possible de faire un « copier – coller » de la discussion pour la conserver. Ces informations confidentielles et stockées sur l’ordinateur peuvent donc être lues par d’autres personnes. Il nous parait néanmoins important de rappeler que les dossiers qu’un thérapeute rédige séance après séance, dossiers qui sont stockés, par exemple, dans son bureau, pourraient également être consultés par un membre de la famille trop curieux. Demande-t-on pour autant à tous les psychologues de ranger leurs dossiers dans un coffre-fort ? Il faut aussi préciser que de nombreux moyens permettent de protéger les données, elles peuvent être stockées sur un support externe à l’ordinateur, être protégées par un mot de passe (cela est possible de base dans Windows, sans aucun ajout particulier), ou encore protégés par cryptage à l’aide de logiciels spécialisés payants ou gratuits. Les moyens ne manquent donc pas pour résoudre ce problème potentiel. En ce qui concerne la présence d’autres personnes lors de l’entretien, il n’y a là aucune solution miracle, mais il est possible d’informer le client sur l’importance de la confidentialité et d’évoquer ce point dans les « conditions d’utilisations » qu’il est possible de lui faire parvenir avant de débuter les entretiens. Nous reviendrons sur ce point plus tard dans ce chapitre, lorsque que nous parlerons des règles directrices.

5.1.2 Internet : l’autoroute de l’information insécurisée ?

Une deuxième critique couramment rencontrée est la suivante : sur Internet, les informations ne sont pas confidentielles. Cette affirmation tend à être entendue moins souvent qu’il y a 10 ans car une grande partie des utilisateurs actuels d’Internet ont finit par acheter en ligne et parler de choses privées par email sans aucun problème (fraude, vol, abus d’informations,…). Le risque principal est au niveau local. Un employé qui utilise l’ordinateur du bureau pour écrire à son thérapeute prend le risque que son directeur, ou toute personne ayant pour tâche de surveiller l’activité des employés, intercepte son mail qui transite par le réseau de l’entreprise. Ici encore, il nous semble important de donner des règles de conduite au client. L’utilisation d’un logiciel de cryptage est également une option ici. En ce qui concerne le logiciel de discussion lui-même, là aussi il existe des options de cryptage. Pour MSN, il existe des petits programmes complémentaires qui permettent de crypter les conversations. Il existe également d’autres programmes de discussion qui intègrent un système de cryptage.


Nous avons choisi de citer un exemple parmi d’autres :
SimpLite :
« En chiffrant les messages avant qu'ils ne transitent sur Internet, SimpLite-MSN met vos conversations MSN Messenger à l'abri des regards indiscrets. SimpLite-MSN bénéficie d'algorithmes éprouvés pour sécuriser vos messages tout en restant d'une utilisation très simple.
SimpLite-MSN est gratuit pour une utilisation personnelle à la maison ou au bureau » 
Cette société basée en France propose également une version de ce programme adaptée à d’autres programmes de discussion (ICQ, Yahoo, Jabber, AIM,…)
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:05    Sujet du message: Répondre en citant

5.2 Vers les principes d’une nouvelle pratique

En 1997, un comité crée par l’ISMHO est chargé de développer des principes d’utilisation pour l’E-therapy, 2 ans plus tard, ce comité va s’ouvrir aux membres de la PSI. Le but de ce comité était d’établir des règles de conduite pour les services de santé mentale en ligne. Leur ambition était de guider aussi bien le thérapeute qui propose ce service que le patient qui le reçoit. Ces principes ont été conçus d’une manière suffisamment large que pour pouvoir s’appliquer à tous les types de services en santé mentale, qu’ils relèvent de la psychiatrie, la psychologie ou du counseling, quel que soit le media utilisé (email, chat, forum,…). Ces principes sont également supposés s’appliquer internationalement. En 1999, Robert Hsiung propose au comité une première série de principes basés sur différents travaux existants (American psychological association ethics committee, 1999 ; Health on the net foundation, 1997 ; Kane & Sands, 1998 ; National board for certified counselors, 1999). Cette première version sera discutée et révisée à plusieurs reprises pour aboutir à la version actuelle (3.16, juin 2000). D’autres codes de conduite ont été pris en compte lors des révisions. Voici ci-dessous une version traduite de ce document.


Suggested principles of Professional Ethics for the Online Provision of Mental Health Services.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:05    Sujet du message: Répondre en citant

A : Consentement éclairé

Le consentement éclairé est une des fondations de l’éthique actuelle en soins de santé mentale. Avant que le patient ne consente à recevoir un service de santé mentale en ligne, il doit être informé sur la procédure, le thérapeute, les risques et bénéfices potentiels, les alternatives et les dispositifs de protection.



procédure
Incompréhensions possibles
Le patient doit être informé que lorsqu’il communiquera avec le thérapeute par Internet, peu d’informations sur les participants seront disponibles, ce qui pourrait aboutir à des incompréhensions.

Temps de réponse
Une des spécificités des services de santé mentale en ligne est le fait qu’ils ne prennent pas place en temps réel. Le patient doit être informé du temps nécessaire pour répondre, par exemple, à un email.

Vie privée du thérapeute
La protection de la vie privée est un problème potentiel avec Internet. Le thérapeute a droit au respect de sa vie privée et peut donc décider de restreindre l’utilisation de l’entretien et de son enregistrement et en informer le patient.

Thérapeute
Quand le patient et le thérapeute ne se rencontrent pas en personne, il pourrait être plus difficile pour le patient d’évaluer le thérapeute et de décider ou non si il veut débuter une relation thérapeutique avec lui.

Nom
Le patient doit être informé du nom du thérapeute. Même si l’usage de pseudonymes est courant sur Internet, il est insuffisant dans un contexte clinique.

Qualifications et comment les vérifier
Le patient doit être informé des qualifications du thérapeute. Le thérapeute pourrait aussi trouver judicieux de fournir des informations supplémentaires (par exemple : les domaines où il est expérimenté). Le thérapeute doit également fournir au client les adresses ou numéros de téléphones permettant de vérifier la véracité de ses diplômes et formations.

Bénéfices potentiels
Le patient doit être informé des bénéfices potentiels. Ceux-ci incluent le contexte dans lequel le thérapeute considère que son service est approprié et les bénéfices qui, selon son estimation, peuvent en résulter. (Par exemple : le patient pourrait se sentir plus à l’abri et moins inhibé).

Risques potentiels
Le patient doit être informé des risques potentiels. Ceux-ci incluent les possibles incompréhensions qui pourraient interférer dans l’évaluation ou le traitement. Ils incluent aussi les risques liés à la confidentialité.

Dispositifs de protection
Le patient doit être informé des dispositifs mis en place pour protéger la confidentialité. Des dispositifs supplémentaires devraient être envisagés lors de l’utilisation d’un ordinateur partagé (par exemple : par la famille).

6) Alternatives
Le patient doit être informé des alternatives possibles aux entretiens par Internet.

7) Indépendance du patient.
Certains patients ne sont pas en position d’accepter eux-mêmes un service de santé mentale. Dans ce cas, le consentement doit être obtenu des personnes responsables et leur identité doit être vérifiée.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:06    Sujet du message: Répondre en citant

B : Procédure standard

Les professions de santé mentale ont évolué vers un cadre de travail standardisé. Ce cadre de travail devrait être appliqué également, dans la mesure du possible, aux services de santé mentale par Internet.

Compétence
Le thérapeute doit rester dans les limites de ses compétences déterminées par sa formation et son expérience.

Obligations légales requises pour pratiquer
Le thérapeute doit remplir les conditions légales qui autorisent sa pratique. Ces conditions sont dictées par la législation locale au thérapeute mais il pourrait également être judicieux de tenir compte de la législation en vigueur dans la région géographique du client.

Structure des services en ligne
Le thérapeute et le patient devraient se mettre d’accord sur la fréquence des entretiens, le mode de communication utilisé, le mode de payement et les tarifs proposés, …

Evaluation
Le thérapeute doit évaluer au mieux le patient lorsque qu’il dispense des services de santé mentale en ligne. Le patient doit garder à l’esprit que cette évaluation peut être facilitée ou rendue plus difficile par la communication en ligne.

Multiplicité des traitements en cours
Quand un patient reçoit des services de santé mentale de plusieurs personnes au même moment, le thérapeute doit prudemment considérer les effets potentiels de ses interventions sur le contexte thérapeutique global.


Confidentialité du patient
La confidentialité du patient doit être protégée. Aucune information concernant le patient ne doit être transmise sans sa permission. Le thérapeute doit informer le patient des exceptions à cette règle.

Archives
Le thérapeute devrait garder un enregistrement des interventions et le patient doit en être informé.

Codes de conduite existants
Le thérapeute doit prendre en compte les lois et éventuels codes de conduite imposés par sa profession.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:06    Sujet du message: Répondre en citant

C : Urgences

Lorsqu’il dispense des services de santé mentale par Internet, le thérapeute pourrait se trouver à une grande distance du patient. Celle-ci pourrait limiter sa capacité à agir en cas d’urgence.

Procédure
La procédure à suivre en cas d’urgence devrait être discutée avec le patient. Ces procédures devraient couvrir le cas où le thérapeute pourrait ne pas recevoir rapidement une information (par exemple : problèmes techniques avec Internet) et pourraient inclure la possibilité de contacter le thérapeute par téléphone ou encore un répondeur.
Soutien local
Si le thérapeute et son patient sont séparés par une distance importante, le thérapeute doit obtenir le numéro de téléphone d’un intervenant en santé mentale proche du patient. Une personne locale qui connait déjà le patient pourrait être un bon choix (par exemple : le médecin généraliste).

Ces principes, bien que moins complets que les principes généraux de l’APA, sont un travail intéressant orienté plus spécifiquement vers la pratique en ligne. Nous les voyons comme un complément au code de conduite de l’APA et au code de déontologie des psychologues belges et ils ont le mérite de couvrir adéquatement les spécificités de cette nouvelle pratique. Il est à noter que les termes « patient » et « thérapeute » ont été utilisés pour la version standard de l’article. La version adoptée par la PSI et destinées aux psychiatres utilise les termes « psychiatre » et « patient ». Ces principes restent évidemment éthiques, et non légaux. Ils n’ont pas actuellement de valeur légale en Amérique, et il en va de même chez nous. Hsiung pense qu’il pourrait être possible de légaliser une série de principes comme ceux sur lesquels il a travaillé, et de donner un pouvoir légal à une organisation neutre qui les ferait respecter sous peine d’exclusion. Ils sont en tout cas, selon nous, un excellent code de conduite pour toute personne se destinant à commencer une pratique en ligne.
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:06    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 6 : Emotions et émoticons

Nous avons trouvé peu de références aux émoticons dans les recherches concernant les activités psychothérapeutiques pratiquées sur Internet, nous trouvons néanmoins qu’ils sont importants et qu’ils sont également une aide potentielle. Comme nous l’avons vu précédemment, nous ne disposons pas du langage corporel lors d’une communication par Internet (à l’exception des cas, très minoritaires, où la vidéo conférence est utilisée). Nous ne pouvons donc pas visuellement identifier les émotions exprimées par l’autre personne. Lors d’un face à face classique, il est déjà parfois difficile pour certains patients d’exprimer leurs émotions verbalement, le langage corporel est, dans ces cas encore plus que dans les autres, un précieux indice pour le thérapeute. A l’origine, la communication par Internet était constituée à 100% de symboles ASCII. Il n’y avait donc pas d’images. Très vite, les utilisateurs ont appris à combiner différents symboles pour en créer de nouveaux représentant les émotions. Voici une table reprenant les émoticônes les plus courants (ceux-ci sont intuitivement compris par la majorité des utilisateurs d’Internet).


Icône
sens
Icône
sens
Sourire
sourire
Triste
tristesse
Très content
grand sourire
Moqueur
tirer la langue
:-O
surprise
:-/
incertain
:'(
pleurs
Clin d'oeil
clin d'œil

Pendant de longues années, ces symboles ont été employés par de nombreux utilisateurs. Actuellement, et depuis l’arrivée d’ICQ et de MSN, les smileys (images ou dessins représentant les émotions) ont tendance à les remplacer de plus en plus. L’émoticône : - ) devient donc, par exemple, . Ces émoticônes, et actuellement surtout les smileys, sont régulièrement utilisés par certaines personnes. Néanmoins, d’autres ne semblent pas les utiliser de manière régulière, surtout les utilisateurs débutants qui n’ont pas l’habitude d’Internet ou des programmes de chat. Il nous semble y avoir ici une possibilité intéressante pour le clinicien. Même si ces symboles sont assez réducteurs et sans nuances, ils permettent de ponctuer les interactions d’un dialogue, permettant ainsi à l’autre de se faire une idée plus précise de la tonalité émotionnelle ressentie lors de l’envoi d’une phrase. Nous n’avons pas trouvé d’informations cliniques sur ce sujet, néanmoins nous pensons qu’il pourrait être intéressant d’informer le client que l’utilisation de ces symboles pourrait améliorer la compréhension lors des échanges. Il en va de même pour le thérapeute qui devrait, selon nous, faire usage de ces symboles pour ponctuer le dialogue. Pour donner un simple exemple de l’utilité de ceux-ci, considérons la phrase suivante : « quelle bonne journée, je ne me suis jamais senti aussi bien ». Imaginons un instant que cette phrase est envoyée au thérapeute au début du premier entretien. Si le thérapeute ne connait pas encore le client, il n’a aucun moyen, si le contexte ne le permet pas, de savoir si cette phrase est sincère ou ironique. Considérons maintenant l’ajout d’un smiley : « quelle bonne journée, je ne me suis jamais senti aussi bien  ». Le smiley présent en fin de phrase nous permet directement de supposer que cette phrase est ironique et pas à prendre au sens réel. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres et nous pensons vraiment que l’usage régulier de ces symboles permet d’enrichir fortement le dialogue.
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Paul
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MessagePosté le: 05 Déc 2008 9:07    Sujet du message: Répondre en citant

Conclusions

Tout au cours de cette partie théorique, nous avons tenté d’explorer au mieux les spécificités des entretiens de soutien psychologique par Internet. Nous pensons avoir réussi à rassembler toutes les recherches importantes disponibles dans la littérature actuelle. Nous pensons que tout praticien ayant connaissance des qualités psychologiques de base de ce mode de communication, ainsi que des implications des effet de désinhibition, du concept de présence ou encore de la possible régression observée sur Internet, possèdera les bases à une bonne compréhension de sa pratique. Notre réflexion sur les émoticônes lui serait également un atout et notre synthèse des idées et opinions actuelles sur la déontologie ainsi que la proposition de code de conduite complèteront ses connaissances sur les bases de cette nouvelle approche. Nous pensons avoir réussi à réaliser un travail théorique qui couvre les grands points du sujet et pourrait servir de guide au professionnel.
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